2-Destruction
Au XIIème siècle, la famille l'Aubespin de Saint-Amour fonde l'Aubespin en Jarez qui se nomme maintenant l'Aubépin. La chapelle Notre-Dame de Fontaine Vive, située sur le territoire de l'Aubespin, devient donc la propriété de cette famille.
Des paysans s'installent autour du château. On défriche de nombreux terrains. Après les années de prospérité viennent les années de malheurs au XIVème siècle avec la peste, la famine, les guerres civiles. Des bandes d'anciens mercenaires pillent, volent, détruisent même, pour faire fortune. En 1362 a lieu la bataille de Brignais où les "tard-venus" écrasent les troupes du Roi et du Comte du Forez. En passant par l'Aubespin, ils pillent quelques fermes et détruisent la chapelle Notre-Dame de Fontaine Vive faute d'y trouver de gros trésors.
3-Reconstruction et deuxième destruction.
A la bataille de Brignais meurent Rolland et Falques de l'Aubespin. En leur mémoire, on reconstruit la chapelle, que l'on appelle alors "chapelle de Fontillon".
En 1539, Claude de l'Aubespin, moine de Saint-Pierre de Chalons, hérite du terrain de Fontillon de sa tante Odette de l'Aubespin, religieuse à l'abbaye de Saint-André-le-Haut à Vienne. Il fait élever une croix en pierre près de la chapelle: on l'appelle croix Odette. Les deux bras de cette croix enlacent un médaillon représentant d'un côté le Christ, de l'autre la vierge Marie; au bas, un groupe de femmes pleure.
En janvier 1562 est rédigé, par Michel de l'Hospital, l'édit de Nantes qui permet le culte réformé des protestants. C'est le début des guerres
"de religion". Des massacres sont perpétrés chez les protestants par des catholiques, chez les catholiques par des protestants. Dans la région, à Montluc, de nombreux protestants sont massacrés.
C'est le baron des Adrets qui se charge de la riposte. Il répand la terreur dans le Lyonnais et le Dauphiné. Du 1er au 14 juillet, il entreprend la reconquête du Forez et du
Beaujolais. L'Aubespin lui ouvre ses portes. Puis il se dirige vers Montbrison, laissant à l'Aubespin 200 hommes, puis seulement 40. Ils logent à Saint-Pierre de Pizay. Le soir du 13 juillet,
peut-être après avoir pris quelques boissons de trop, ces 40 hommes se dirigent vers la Faverge. Ils pillent les appartements et y mettent le feu. Les gens de l'Aubespin, voyant la fumée,
viennent prendre la défense de la Faverge.. Trop tard, les hommes du baron des Adrets ont fui en direction de Montbrison. Sur leur passage, ils mettent le feu à la chapelle de Fontillon. De cet
incendie, seule reste la croix Odette. On l'installe alors sur la place du village de l'Aubespin. Elle y reste jusqu'à la Révolution. En 1793, elle est remplacée par l'arbre de la Liberté. Elle
est cassée (vous apprendrez comment et dans quelles circonstances en lisant la légende de « la croix Odette », dans quelques jours….), mais récupérée, elle est encore visible dans un
mur d'une des entrées du village, dans les années 1895. Mais où est-elle maintenant ?...on croit savoir que son socle est derrière le cimetière de l’Aubépin, avec un croisillon de bois, qui
n’est bien sûr pas d’origine !
4- Deuxième reconstruction et voyage.
En 1874, les frères Bourdet héritent du terrain de Fontillon. L'un d'eux, François, devient curé de l'Aubépin. Il décide de rétablir le pèlerinage d'autrefois et fait édifier, avec l'aide des paroissiens, une nouvelle chapelle qu'il appelle alors Notre-Dame de la Salette (comme celle qui se situe en Isère). Le pèlerinage a tant de succès que bientôt il faut agrandir la chapelle.
Mais ce pèlerinage est-il sur Lamure ou sur l'Aubépin? La polémique éclate, les habitants des deux villages revendiquant la propriété de ce lieu. C'est l'évêché qui tranche: au vu du cadastre, il attribue le pèlerinage à l'Aubépin. De peur que cette affaire refasse surface un jour, les Aubépinois déplacent la chapelle pour la reconstruire sur un terrain acheté par l'Abbé Bourdet, plus près du village, là où elle se trouve actuellement. Il y a eu beaucoup de volontaires pour ce travail et on rapporte même que le déplacement s'est effectué en une seule nuit(!).On lance une souscription pour payer la statue de Notre-Dame de la Salette et cet appel au peuple obtient un beau succès puisqu'il y a 145 bienfaiteurs de l'Aubépin et du Mazel pour une somme globale de 205F35 (francs or!)
Au décès de l'Abbé Bourdet, en 1874, le terrain et la chapelle reviennent aux demoiselles Etiennette et Françoise Bourdet, cultivatrices. Ne pouvant pas faire face aux dépenses d'entretien, elles font une donation à la paroisse qui devient donc propriétaire de la chapelle et qui l'entretient. Elle est restaurée une première fois en 1944: on refait le clocheton, mademoiselle Thiollier réalise une peinture murale. Puis dernièrement, en 1986, on refait le toit pour remédier aux nombreuses gouttières, on supprime la petite sacristie complètement dévastée, on élève un mur pour clore l'édifice, on refait l'intérieur, on change les vitraux et la porte
De nos jours, il n'y a plus de pèlerinage, mais, jusque dans les années 1990, on pouvait encore voir dans la chapelle plusieurs ex-voto, en remerciement de guérisons, et également deux plaques de marbre noir, gravées de lettres d'or, offertes par les Aubépinois en mémoire d'Isabelle d'Harcourt, bienfaitrice de la paroisse de 1400 à 1441, et des Sires de l'Aubespin en Jarez, fondateurs de l'Aubépin au XI et XIIème siècle.
Chaque année, en septembre, une messe y est célébrée.
Pour le 8 décembre on l'illumine. De nombreux promeneurs viennent encore s'y recueillir.
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